François Cros réagit à sa faible médiatisation : « Je n’ai jamais réfléchi à cette possibilité mais ce n’est pas dans les projets »
François Cros réagit à sa faible médiatisation : « Je n’ai jamais réfléchi à cette possibilité mais ce n’est pas dans les projets »
Le mardi 1 avril 2025 à 13:37 par David Demri
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Le troisième ligne international Français François Cros s’est longuement confié dans les colonnes du Midi Olympique.
Ce-dernier ne fait pas partie de la composition type du Tournoi des Six-Nations.
Il réagit. Extrait:
Marquer peut-être ! (rires) Avoir un rôle offensif plus « visible » on va dire. De toute manière, je ne m’attarde pas trop sur ce genre de choses. D’avoir gagné le Tournoi, c’est ma victoire.
Il décrit sa façon de jouer. Extrait:
Je fais ce que j’ai besoin de faire sur le terrain, tout simplement. Ce dont l’équipe a besoin pour gagner. S’il faut se concentrer sur la défense et la guerre dans les rucks, ça me convient. Attention, s’il faut aussi attaquer et faire voyager le ballon, ça me va aussi. J’essaie simplement d’être utile sur le terrain. Si ça passe par un travail discret mais efficace, cela ne me dérange pas. C’est une éducation que j’ai eue.
Il ne se vexe pas quand certains lui expliquent qu’il effectue un travail de l’ombre. Extrait:
Je n’apporte pas trop d’intérêt à ces remarques-là. Ce qui est important pour moi, c’est d’être sur le terrain, de jouer et d’enchaîner les matchs. C’est plutôt ce que je regarde, plutôt que le côté joueur de l’ombre et compagnie. Si je suis sur le terrain, c’est que le coach estime que je mérite d’être là et que je suis utile. C’est surtout ça ma fierté au-delà d’être peu visible ballon en mains. Tant que l’équipe gagne, ça ne me dérange pas d’être un peu moins dans la lumière.
La médiatisation ? Il ne la réclame pas. Extrait:
Ça ne me dérange pas de garder ce rôle. La reconnaissance, la médiatisation et plein d’autres choses, je n’y cours pas spécialement après. Ce que je regarde, c’est le temps de jeu et les compositions. Tant que je suis sur la feuille, tout ce qui se passe autour, c’est accessoire. Dans le vestiaire, quand je dois parler, je le fais, et ça s’arrête là.
Une chose est sûre : il ne souhaite pas retirer son casque pour être davantage reconnu. Extrait:
Je n’ai jamais réfléchi à cette possibilité mais ce n’est pas dans les projets. (rires) Déjà, le casque, c’est une sorte de protection. C’est une habitude que j’ai depuis que je suis gamin. Ça rassurait ma mère à l’époque. C’est désormais un rituel, une routine.
Il fait désormais partie de moi. Ça ne m’embêterait pas de jouer sans. Je ne m’entraîne pas avec et parfois, sur les entraînements, on a la même intensité que lors des matchs. Chacun ses façons de se préparer. Moi, j’enfile mon casque. Fut une époque, j’en mettais deux dans le sac pour pallier à l’éventualité que le casque se casse en plein match. Depuis mes 7 ans, j’ai ce truc sur la tête.
Lors de ce Tournoi, François Cros a effectué 70 plaquages. Il se veut humble. Extrait:
Je ne m’attarde pas trop sur la statistique en elle-même. Je préfère analyser les 92 % de réussite. C’est un chiffre un peu plus parlant. Ensuite, je me dis aussi que ce n’est jamais très bon pour mon équipe de me voir énormément plaquer. Cela veut dire que l’adversaire a énormément eu le ballon et ce n’est pas forcément positif. Le meilleur exemple est Jac Morgan, le flanker gallois. Il a été incroyable. Mais d’un autre côté, il évolue au sein d’une sélection en difficulté donc ses qualités en défense ont été remarquées. C’est bien pour lui, un peu moins pour le pays de Galles.
Contre l’Irlande ? C’est vrai qu’on a de suite été pris à la gorge à Dublin. On a pas mal été chez nous, proche de notre ligne. C’était un moment crucial mais nous n’avons pas encaissé de points. De notre côté, nous avons marqué dès la première occasion. Franchement, je pense que sur le côté psychologique, ça leur a fait mal.
Il précise avoir pris beaucoup de plaisir lors de cette rencontre. Extrait:
Bien évidemment ! Vous savez, quand votre équipe marque, c’est une sorte de libération. Tout le monde sera d’accord là-dessus. Mais quand vous grattez un ballon à quelques centimètres de votre en-but, c’est également une source de joie énorme et de soulagement. Il faut savoir plier sans rompre. Défendre fait partie de moi. Quel que soit le sport que je ferai, je serai toujours dans un rôle défensif.
De manière générale, il estime que le regard que les gens peuvent lui porter à changé. Extrait:
J’ai comme l’impression que le regard porté sur moi a changé depuis deux ans. Le réel déclic a eu lieu l’année dernière, où j’ai été plus médiatisé que les années passées. On revient sur l’exemple du pays de Galles, j’aurais préféré que l’équipe soit un peu plus mise en avant l’an passé… Je me souviens d’une phrase de Patrick Arlettaz après France-Irlande au Vélodrome où nous avions ramassé. J’avais été élu meilleur joueur français. Il m’a dit : « tu n’as pas été le meilleur, tu as été le moins mauvais. » Ça m’avait fait sourire sur le coup mais Patrick avait raison. Cette année, plusieurs mecs ont crevé l’écran, et c’est une excellente nouvelle.
Il explique ensuite pourquoi ce titre est très important pour le XV de France. Extrait:
Bien sûr. On se rappelle seulement des titres plusieurs années plus tard. On ne retient pas les pourcentages de victoires ou autre. Le XV de France est une équipe qui vit bien et qui joue bien. Il fallait que ça se concrétise pour de bon.
Il explique pourquoi les Bleus n’ont pas explosé de joie après la victoire contre l’Ecosse. Extrait:
C’est vrai. C’était un sentiment bizarre, dans le sens où nous n’avions jamais vécu ce scénario. On avait déjà vécu des matchs, notamment contre l’Écosse, où on devait gagner de plus de 30 points et ça ne s’était pas bien passé du tout. Là, une simple victoire nous offrait le trophée. Le scénario n’a pas aidé pour fêter ça comme il se doit puisque tout le monde n’est pas passé loin de la correctionnelle en fin de première période. C’est aussi ce sentiment de match inachevé qui a pris le dessus à la fin.
On peut être fiers de ce qu’on a fait. Au soir de l’Angleterre, tout le monde nous donnait perdants, tout le monde était déçu. Il a fallu s’obstiner à y croire jusqu’au bout pour inverser la tendance.
Selon lui, le moment le plus fort de ce Tournoi restera le match contre l’Irlande. Extrait:
Le match en Irlande. Leur mettre quarante points chez eux, à l’Aviva, c’est fou. C’est rare de pouvoir profiter et de savourer en étant sur le terrain pendant le match. Et là, le score était fait à l’heure de jeu. On a pu profiter du dernier quart d’heure même si on a pris des points. C’était génial, surtout avec les milliers de supporters français présents dans les tribunes.
Il évoque également le banc 7 – 1 aligné contre l’Irlande. Extrait:
Tout le monde a été surpris. C’était la première fois qu’on faisait ça. Mais il faut admettre que ça a été plutôt positif. À chaque fois que le banc est rentré, ça nous a apporté beaucoup d’oxygène. À Dublin, deux de nos trois-quarts se sont blessés et personne n’a été pénalisé. Oscar (Jegou) a assuré l’intérim et c’est passé. On craignait ce scénario mais finalement, tout a bien fonctionné.
Tu te sens d’un coup moins fatigué (rires). Heureusement pour moi, car le staff m’avait annoncé avant le match de l’Italie que si tout allait bien, je ferai les quatre-vingts minutes malgré les sept avants sur le banc. Au niveau de ces remplaçants, je retiendrai surtout les moments où ils sont rentrés. À chaque fois, nous menions. Leur but était de garder le score. Et dans l’autre sens, certains titulaires savent qu’ils doivent tout envoyer pendant cinquante minutes sans calculer…
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